Pourquoi un cheval silencieux dans le van n'est pas forcément un cheval calme
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Une cavalière raconte le trajet qui lui a appris à ne plus écouter son van, mais à le regarder.
Un seul choc sourd, puis plus rien. J'ai cru que tout allait bien.
Je m'appelle Claire. J'ai une jument de 11 ans, Opale, et un van que je conduis depuis quinze ans. Je freine tôt. Je prends les ronds-points comme si je transportais des œufs.
Ce dimanche-là, il est 6 h 40. Je roule vers un concours, sur la nationale. Au troisième rond-point, un choc. Un seul.
Pas un hennissement. Je me dis que tout va bien. Puisque c'est calme.
Vingt minutes plus tard, sur un parking, j'ouvre le pont. Opale est debout, trempée à l'encolure, un antérieur coincé de travers contre la barre de poitrail. Une éraflure au canon.
Rien de grave, cette fois. Mais j'ai roulé vingt minutes sans rien savoir de ce qui se passait à deux mètres de moi.
Si vous transportez votre cheval, vous connaissez ça
Si vous serrez les dents à chaque rond-point...
Si vous vous retournez sur l'autoroute, comme si l'on pouvait voir à travers la tôle...
Si vous avez déjà ouvert le pont à l'arrivée en retenant votre souffle...
Alors nous sommes nombreuses dans le même cas. Et ce n'est pas un manque de sérieux.
Pourquoi ces vingt minutes comptent
Un cheval qui glisse ou qui coince un membre ne le fait pas pour cinq secondes. Il peut rester dans cette position des kilomètres durant.
Ce qui se règle en s'arrêtant tout de suite se découvre à l'arrivée : une éraflure, une jument tremblante qui n'est plus en état de concourir. Et le chargement suivant devient plus difficile, parce que le cheval s'en souvient.
Avec les concours d'automne et les retours de nuit, c'est maintenant que la question se pose.
J'avais pourtant tout fait comme il faut
Protections aux quatre membres. Filet à foin bien attaché. Conduite douce. Des pauses pour ouvrir la porte et vérifier.
Ces précautions sont les bonnes. Je les garde toutes. Mais elles ont un point commun : une fois la porte fermée, je ne savais plus rien.
Et à chaque pause, je voyais une jument calme. Normal : à l'arrêt, elle n'avait plus besoin de lutter pour tenir debout.
Alors j'hésitais tout le temps. M'arrêter au moindre bruit, et stresser Opale avec ces arrêts. Ou ne plus m'arrêter du tout, et prier.
Le jour où une cavalière m'a dit : « J'ai arrêté d'écouter mon van »
Sur le terrain de concours, une cavalière déchargeait son hongre à côté de moi. Elle a vu Opale trempée.
Elle m'a dit que ça lui était arrivé aussi. Et qu'elle avait arrêté d'écouter son van. Désormais, elle le regardait.
Le soir, j'ai interrogé ma vétérinaire.
Ce que personne ne m'avait expliqué : un cheval ne se plaint pas
Nous pensons tous qu'un cheval en difficulté se fera entendre. Qu'il tapera, hennira, s'agitera.
C'est l'inverse. Le cheval est un animal proie, et un animal proie cache sa détresse. Les vétérinaires équins rappellent que montrer sa faiblesse, dans la nature, c'est se désigner au prédateur.
Alors le cheval encaisse. Il se crispe, il se raidit. Des signes de posture, pas des bruits.
Autre chose : le cheval ne voit pas la route. Vous savez que le rond-point arrive. Lui le découvre avec son corps, au dernier moment. Imaginez-vous debout dans un bus, sans barre à laquelle vous tenir, pendant des heures.
Et c'est bien en route que les choses se passent. Dans une étude menée auprès de 223 conducteurs de remorques à chevaux, près de 84 % des blessures signalées sont survenues pendant que la remorque roulait. Pas au chargement.
Le choc sourd d'Opale n'était donc pas le problème. Le problème, c'étaient les vingt minutes de silence qui ont suivi. Le silence ne prouve rien.
La réponse n'était pas d'écouter mieux. C'était de voir.
Voir la caméra et ses versions
Ce que j'ai installé avant le concours suivant
Il me fallait un babyphone. Mais pour un cheval.
La cavalière du parking utilisait l'EquiCheck Transport, une caméra pensée pour la remorque, fixée face au cheval.
Elle crée son propre Wi-Fi et se connecte directement au téléphone, comme une enceinte Bluetooth. Pas d'Internet, pas de réseau mobile, pas de routeur. Même là où le téléphone n'a plus une barre, l'image arrive.
L'application est gratuite, sur iPhone et Android. Voici ce qu'on y voit :
- Tout l'habitacle, grâce à un objectif fisheye de 150°, presque la moitié d'un tour complet : d'une paroi à l'autre.
- Une image en HD 720p, la définition des premières télévisions « HD Ready » : assez nette pour vérifier la posture et les appuis.
- Le cheval dans le noir, grâce à la vision nocturne, pour les départs avant l'aube et les retours de nuit.
Elle est certifiée IP68, le même niveau de protection contre l'eau et la poussière que beaucoup de smartphones récents. Et elle enregistre : la vidéo reste dans la galerie de l'application, pour revoir une scène ou la montrer à sa vétérinaire.
Je préfère être honnête : elle ne vous prévient pas toute seule. C'est un œil. C'est vous qui regardez, et vous qui décidez.
Le premier trajet avec l'image
Même nationale. Même rond-point. Cette fois, ma fille était sur le siège passager, téléphone en main.
Moi, je garde les yeux sur la route. C'est la règle : le conducteur ne regarde pas un écran en roulant. Je regarde à l'arrêt, ou je laisse le passager regarder.
« Elle se cale sur ses postérieurs. Elle reprend son foin. » Je respirais.
Plus tard, un bruit sourd. Avant, je me serais arrêtée sur la bande d'urgence. Ma fille a regardé : Opale était tranquille. Ce n'était que la sangle de la barre de poitrail qui battait. Un arrêt inutile évité, sans une seconde de doute.
Au retour, au péage, j'ai jeté un œil moi-même. Opale piétinait, la tête raide. Je me suis arrêtée à l'aire suivante : le filet à foin s'était décroché et lui battait dans la tête. Deux minutes pour le refixer.
Je me suis arrêtée parce que je l'avais vue, et pas parce que j'avais peur.
Quelle version choisir
La caméra tient jusqu'à 4 heures sur sa batterie interne, rechargeable avec le câble fourni. Pour un concours à une heure de route, aller et retour, c'est large.
Si vous partez plus loin (stage, convoyage, longue journée d'attente sur place), il existe une version avec une batterie externe de 7 heures et un coffre de protection. C'est celle que j'ai prise. Une caméra éteinte au milieu du trajet, c'est revenir exactement là où j'en étais.
L'installation prend quelques secondes : on la place, on se connecte à son Wi-Fi, c'est prêt. La notice est en français, étape par étape.
Avant votre prochain trajet
J'ai fait le calcul une fois, assise dans la voiture. Un seul déplacement du vétérinaire en urgence, la nuit ou le week-end, c'est 250 à 400 €, avant même le premier soin. Et ce n'est pas l'argent qui m'empêchait de dormir : c'était l'idée d'avoir roulé une heure sans savoir.
La caméra, elle, coûte 97 €. Moins qu'une seule visite d'urgence, pour tous les trajets qui viennent.
Vous avez deux options.
Continuer comme avant. Bien conduire, bien protéger, et guetter le bruit en espérant qu'il ne vienne pas. Tout s'est peut-être bien passé jusqu'ici. Mais vous ne le savez pas vraiment : vous savez seulement que rien ne s'est entendu.
Ou voir. Dès le premier virage.
Vos réflexes étaient les bons. Il leur manquait un œil.
Voir la caméra et choisir ma version
Application gratuite iPhone et Android, notice en français, prête en quelques secondes.
Claire et Opale sont un récit composé à partir de situations que nous racontent les cavalières. L'équipe Cavalier Propriétaire.